La séance de décrassage a été bénéfique.
C’est une montée de col anodine, qui mène jusqu’au sommet du col de la Flotte, et qui permet d’ordinaire au cycliste moyen, de se jauger avant les sorties musclées programmées avec les amis du peloton local. Souvent à la relance et debout sur les pédales, notre adepte de l’effort solitaire et gratuit, certes en retard sur son planning, vient d’avoir le privilège de découvrir une quantité déprimante de détritus, gisant sur les bas-côtés d’une route tracée au cœur d’un paysage rural.
En juin dernier avait lieu la journée mondiale de l’environnement, mais c’était une journée et c’était en juin. Le malheureux état de notre nature polluée permet de croire que si chacun continue à y mettre un peu du sien, l’habitude aidant, le déchet fera bientôt et naturellement partie du paysage. Mais il faut optimisme garder, puisque notre cycliste qui est une cycliste, a précisé qu’elle avait refait la route à pied, afin de récupérer la bagatelle de seize déchets sur une portion inférieure à 5 km.
Camille Boussioux (à droite), dernier témoin de cette tragédie.
Avec le bruit faisant état de l’arrivée de renfort des troupes d’occupation sur le Chalabrais, les maquisards avaient prévu d’aller dissimuler un camion dans la ferme de Bordeneuve, située à quelques centaines de mètres du sommet du col. Pris sous le feu des mitrailleuses, Paul Vernières, Louis Bages et André Laffont s’écroulent, tandis qu’Helmut Thomas (photo), grièvement blessé, et Fernand Prétal, parviendront à se replier vers la ferme toute proche du Planquet. C’est là qu’ils seront rattrapés et exécutés. Les cinq maquisards, dont les identités ne sont pas encore connues, seront redescendus vers le village sur la camionnette de Camille Boussioux, dont le permis de circuler a été délivré en cette période de battages. Ils seront inhumés à Sonnac le 29 juillet. Au mois d’octobre suivant, leurs corps seront exhumés et rendus à leur famille.
